vendredi 15 juillet 2011

Les deux causes de la désindustrialisation

C’est à ce moment là qu’il opta pour la philosophie, la politique et l’économie qui étaient des matières plus faciles à étudier en étant allongé.
Gillian Tett - L’or des fous - 2011.


« Rien ne va plus ! ». « Tout fout le camp ! ». « C’était bien mieux avant ! ». C’est tous les jours ou presque que dans la presse, à la radio ou à la télévision, lors de « repas de famille », entre amis, au Vatican, ou encore dans le métro de Paris, on lit et entend ces phrases toutes faites, formulées bien souvent par « des » qui oublient que la France d’aujourd’hui, hé bien, c’est eux qui l’ont faite, et où le thème du déclin tient systématiquement lieu de point d’exclamation.
Les raisons de ce pessimisme ambiant sont nombreuses. L’une d’elle, et non des moindres, est ce qu’il est convenu d’appeler la « désindustrialisation » du pays, savoir ce fait, incontestable en soi, quand bien même il conviendrait d’en préciser la mesure, que la part de l’industrie dans notre économie n’est plus ce qu’elle était, et pour cause, nous vivons dans une économie où les « services » ont pris, dans la production nationale comme dans nos emplois, une place archi-dominante (Le secteur « tertiaire » c’est, aujourd’hui, près de 80% des emplois en France, contre à peine 40% en 1950, 20% en 1900, et 15% aux alentours de 1800).
La question est alors de savoir les causes de cette « désindustrialisation ». Et à cette question, la réponse est, le plus souvent : les délocalisations, et elle seules, réponse qui a, certes, le mérite de la simplicité, mais qui s’avère, tout simplement, fausse.

Non pas que les délocalisations n’existent pas (elles existent, d’ailleurs, aussi, dans l’autre sens, quand des entreprises étrangères viennent s’installer en France, voire quand des entreprises françaises qui avaient délocalisé, « désertant » ainsi notre beau pays, décident finalement d’y revenir). Et nul ne saurait nier les disparitions d’emplois qu’elles impliquent, ainsi que la misère économique et les souffrances humaines qu’elles provoquent. Non. Il s’agit seulement de comprendre que les raisons profondes de la « désindustrialisation » de notre pays ne sont pas là, et qu’en conséquence, quand bien même on n’aurait vu, dans notre pays, depuis une trentaine années, aucune délocalisation, il y aurait eu « désindustrialisation » quand même. Car d’autres causes profondes, lentes, structurelles, sont ici à l’œuvre, dont deux sont essentielles.

La première raison fondamentale de la « désindustrialisation », c’est le progrès technique, autrement dit l’intelligence des hommes incarnée dans leurs modes de production.
C’est le progrès technique en effet qui, depuis deux siècles environ, a fait que dans l’agriculture, d’abord, on a pu produire de plus en plus avec toujours moins de travail. Et c’est le progrès technique toujours, qui a permis, le XXème siècle venant, que dans l’industrie cette fois, on a pu, également, produire de plus en plus avec toujours moins de travail. Le résultat de ce processus (« travailler moins pour gagner plus », en quelque sorte) a été, en tout premier lieu, le formidable enrichissement de nos sociétés. Il a été, aussi, entre autres choses, l’expansion progressive d’un secteur « tertiaire », le secteur des « services », lequel a compensé, au fil du temps, par des créations d’emplois massives, la diminution relative des emplois agricoles et industriels. Ici, le tournant est pris, pour l’ensemble des pays comme le nôtre, dès la fin des années 1960.

Mais pour que le secteur des « services » connaisse une expansion, encore fallait-il, dans nos sociétés, « l’accord » des individus (citoyens, électeurs et contribuables), encore fallait-il qu’il y ait, dans l’économie, des consommateurs exprimant une demande toujours croissante pour des « services ». Or il se trouve que depuis deux siècles, notre pays n’a cessé, globalement, de s’enrichir. Et c’est précisément cet enrichissement global qui constitue la deuxième raison fondamentale de la « désindustrialisation » qu’il a connue et qu’il connaît encore.
Il s’avère en effet que l’enrichissement d’une société s’accompagne - et de fait il en est la cause - d’une modification considérable des besoins individuels, tels que certains besoins ont « progressé » beaucoup plus vite que les autres, beaucoup plus vite que les besoins « de base » liés à l’alimentation, au logement ou encore à l’habillement.

Il y a d’abord tous les besoins liés aux loisirs sous toutes leurs formes, mais aussi le besoin de culture et d’éducation. Il y a encore, autre caractéristique d’une société qui s’enrichit, un besoin croissant de finance (placer une épargne croissante) et d’assurance (par les temps qui courent, on s’assure pour tout ou presque), d’où la montée en puissance, en réponse, des activités financières de tous types. Et il y aussi, enfin, tous ces besoins liés à un certain « souci de soi » : la santé bien sûr (la santé physique, mais la santé psychique, également), ainsi que, de plus en plus, la simple apparence (Etre beau ! Rester jeune ! Se sentir mieux dans sa peau comme dans son âme ! pour aller vite). Or satisfaire ce type de besoins nécessite, c’est une évidence, de produire, pour l’essentiel, par les entreprises ou par l’Etat, c’est selon, non pas des biens « industriels », mais des « services », toujours plus de « services ». Ajoutez à cela que de plus en plus, la valeur même des biens industriels que nous produisons, le prix que nous en payons, sont la contrepartie d’activités de « services » (conception, commercialisation, assurance, information), et vous comprenez l’extension croissante de la part des services dans ce que nous faisons et consommons tous les jours.

Au total donc, les deux causes fondamentales de la « désindustrialisation » de notre pays sont le progrès technique et l’évolution de nos besoins, nos besoins à nous, qui sommes, aujourd’hui, matériellement, collectivement et en moyenne, infiniment plus riches qu’on ne l’a jamais été sur cette planète. Deux causes qui sont liées. Deux causes dont l’action est lente et durable à la fois. Deux causes qui sont profondes et qui cependant « sautent aux yeux ». Si bien qu’il n’est pas très risqué de parier que le mouvement de « désindustrialisation » à l’œuvre dans notre pays, pour ne parler que de lui, est encore loin, bien loin d’avoir atteint son terme.

Mais alors, et la mondialisation dans tout cela ? Et la logique financière, qui depuis trente ans s’est progressivement imposée au sein de nos entreprises industrielles ? Elles n’y seraient pour rien ?
Non pas, bien sûr. Mais si la mondialisation de l’économie et la globalisation financière (qui de fait est une dimension de la mondialisation) jouent bien un rôle dans le processus de désindustrialisation auquel nous assistons, ce n’est qu’indirectement, via, principalement, par la possibilité de son accélération. Otez la mondialisation et la globalisation financière, la désindustrialisation aurait quand même eu lieu, plus lentement certes, mais tout aussi sûrement, sauf qu’elle aurait été sans doute beaucoup plus acceptable, tant socialement que sur un plan strictement politique. Là est le coeur du problème causé par la « désindustrialisation ». car problème il y a, quand même.

Et pour ceux qui voudraient avoir un avant goût de la fin de cette histoire, de la Fin de l’Histoire, en somme, hé bien, voilà.

24 commentaires:

RST a dit…

On voit que c’est les vacances, les textes se font plus court ;-)

Même si je trouve vos explications tout à fait intéressantes, il me semble que vous sous-estimez (même si vous parlez du rôle d’accélération) dans le phénomène de désindustrialisation l’influence de la mondialisation et ses conséquences (libre échange, compétition avec les pays à bas salaires, pression actionnariale, …)
Certes nous avons besoin de plus de services mais est-ce pour autant que nous étions obligés d’abandonner, au hasard, la construction navale ? Nous avons aussi besoin, par exemple, de pétroliers et de méthaniers pour transporter les matières premières qui nous permettent de produire de l’énergie, pour ne parler que de celles là. Et le jour où ceux qui les possèdent tous ces beaux bateaux, décident, pour nous emmerder, de ne plus nous les prêter, on fera comment ? C’est bien gentil de vouloir transformer la France en un énorme parc de loisirs mais cela risque de ne pas être viable très longtemps.
Et si l’on posait la question aux citoyens en ces termes, je ne suis pas convaincu qu’ils ne réfléchiraient pas à 2 fois avant de décider de satisfaire leurs besoins de services à tout prix.
Parce que vous plaisantez quand vous dites qu’il fallait l’accord des individus ? On ne leur a jamais demandé leur avis, et quand on le leur a demandé (remember 2005) on en a tout simplement pas tenu compte.

serenis cornelius a dit…

RST : La question posée par ce billet est celle des causes structurelles de la désindustrialisation. La mondialisation et le libre échange, pas plus que la compétition avec les pays à bas salaires n'en font partie GLOBALEMENT parlant puisque même sans elles le processus aurait eu lieu. D'ailleurs il a commencé bien avant, dès la fin des années 1960.
Vous craignez que ceux qui nous fournissent des produits cessent de nous les vendre ? Quel serait leur intérêt, sauf en cas de guerre ? Sinon, on les refera. C'est aussi simple.
Quant à savoir si on a demandé leur avis aux individus, la réponse me paraît claire : non. N'empêche, c'est tous les jours qu'ils expriment leur choix comme consommateur.
Tout ça pour vous dire qu'il est hors de question de sous-estimer les difficultés actuelles de l'éconmie française. Seulement il ne faut pas se tromper de cible. Le drame français actuel est principalement dû à la croissance des inégalités qui se creusent depuis le milieu des années 1980, et qui s'est accélérée avec les années 1990. Pour ma part la cause , mais non immédiate,en est la disparition progressive puis brutale et définitive du risque soviétique. Ajoutez à cela l'incapacité de nos politiques à gérer ces transitions et vous aves la situation actuelle.

der Maßstab a dit…

Bonjour,

Bien vu cet article !

1/ "Pour ma part la cause , mais non immédiate,en est la disparition progressive puis brutale et définitive du risque soviétique."

"C'est un peu court, jeune homme." dirait Cyrano. Pourriez-vous me donner plus de détails sur le processus par lequel la disparition de cette menace à contribué à la désindustrialisation ? Je crois même que cela mériterait un billet entier.

2/ "N'empêche, c'est tous les jours qu'ils expriment leur choix comme consommateur."

C'est une réflexion que je me suis faite il y a quelque temps : si les gens lorsqu'ils consomment se demandaient quelles sont les conséquences de leur acte de consommation au lieu de se demander seulement, en égoïstes, quelle jouissance va leur apporter l'objet qu'ils vont acheter et à quel prix, beaucoup de choses iraient mieux.

Concrètement, si les gens au lieu d'acheter en magasin l'ordinateur allant le plus vite achetaient l'ordinateur fabriqué dans l'entreprise qui traite le mieux ses salariés, les salariés seraient beaucoup moins sous pression et surmenés.

Les gens se plaignent souvent de leurs mauvaises conditions de travail, mais les conditions de travail qu'ils subissent, ils les créent en consommant de façon idiote.

jean a dit…

@der Maßtab:
Sur le 1), serenis cornelius répondait sur la montée des inégalités et non sur la désindustrialisation. L'idée étant qu'une révolution de type soviétique étant maintenant très improbable, les personnes au pouvoir étaient nettement moins menacées par un mécontentement engendré par une montée des inégalités.

Sur le 2), je suis plus que circonspect sur la possibilité d'être consommacteur comme certains le disent. J'ai tendance à penser qu'un bon système est un système où l'altruisme est superflu. Qui plus est, déterminer si en achetant tel ou tel produit on favorise des bonnes conditions de travail n'a rien de simple, contrairement à ce que vous avez l'air de croire:
_un produit nécessite en général l'intervention de dizaines d'entreprises (matières premières, production, distribution transport, ...).
_chaque entreprise est aussi composée de plusieurs entités ne se comportant pas de la même manière.
_tous les employés n'ont pas les mêmes préférences en matière de conditions de travail. Certains se désoleraient de ne pas pouvoir faire de temps partiel tandis que d'autres ne seraient pas gênés de travailler beaucoup plus que le temps règlementaire.
_(...)

Ce serait plutôt à celui qui accepte un travail de faire ce tri, tout en sachant bien sûr que l'employé n'a pas toujours les moyens de savoir où il va lorsqu'il choisit un employeur ou même un secteur d'activité (on parlerait d'asymétrie d'information).

C'est pourquoi j'ai tendance à penser que les deux réponses évoquées ici http://economibasic.blogspot.com/2009/12/le-capitalisme-et-la-morale-quand-tu.html au problème de l'amoralité du capitalisme sont plus pertinentes, le boycott n'ayant à mon avis qu'un intérêt sur le plan politique (par ex, droits civiques aux États-Unis dans les années 60).

serenis cornelius a dit…

Der Masstab : Jean vous a répondu. Cela dit, sur votre premier point, vous citiez Cyrano de Bergerac, et rien que pour ça, cela en valait la peine !

serenis cornelius a dit…

Jean : Merci.

Anonyme a dit…

Fidèle à vous même, maitre Cornelius, tout en simplicité et en finesse...

...même si ça n’égalera pas la performance de votre collègue Paul Krugman dans le Théoricien par accident, où il avait traité le thème de manière plus percutante... ;p
'fin bon, c'est sans doute l'effet Madeleine de Proust.
Le texte de Krugman avait été un électrochoc intellectuelle qui avait réduit en miette le chœur des pleureuses de notre industrie, en plus de me faire entrevoir la maladie des coûts de Beaumol, au moins de manière indirecte, cela colore forcément ma perception lorsqu'un auteur aborde le même thème, aussi brillant peut-il être...

Dans tout les cas, heureux de voir que vous êtes toujours en activité... Je me suis demandé si vous n'alliez pas rejoindre le cimetière des blog économiques de qualité déserté par leurs créateurs...
Heureux que vous me détrompiez sur ce point.

Claude

der Maß a dit…

@jean : merci beaucoup pour vos éclaircissements supplémentaires.

Je crois qu'il me faudra réviser encore mon économie.

der Maßstab a dit…

@serenis cornelius :

"N'empêche, c'est tous les jours qu'ils expriment leur choix comme consommateur."

J'ajouterai qu'avant d'exprimer leurs choix comme consommateur, ils expriment leur choix d'une société dite de "consommation", dont la consommation est le moteur central. Et, ce choix, ils le ré-expriment à chaque élection.

Du moins, quand il y a des élections et que le processus électoral fonctionne, ce qui est encore un autre problème.

A noter que je ne dis ABSOLUMENT PAS que c'est un "mauvais choix". Simplement, ce choix collectif à des conséquences qui doivent donc être assumées collectivement.

De même que devront être assumées collectivement les conséquences qu'auraient le fait de passer de notre société de consommation à quelque chose d'autre. Et d'ailleurs, à quoi ? On sait ce que l'on perd, mais pas ce que l'on a en échange.

A méditer avant de torpiller, par son vote ou en retirant en masse l'argent des banques, le système actuel.

der Maßstab a dit…

@serenis cornelius : c'est étrange, j'avais posté un message très (trop ?) long juste avant et il a disparu. Bug informatique ? Bon, en tout cas, je reposte à nouveau, en plus concis.

@jean :

"Ce serait plutôt à celui qui accepte un travail de faire ce tri, tout en sachant bien sûr que l'employé n'a pas toujours les moyens de savoir où il va lorsqu'il choisit un employeur ou même un secteur d'activité (on parlerait d'asymétrie d'information)."

J'ajouterai qu'il y a aussi le problème de l’asymétrie des rapports de force entre l'employé et son employeur actuel et potentiel.

Ce rapport de force étant en particulier influencé en défaveur de l'employé par l'existence et la grosseur du chômage actuel.

En effet, les employés ont peur du chômage et ont donc tendance à accepter plus de choses que si le chômage était plus faible.

Ajoutons à cela que ceux qui sont au chômage depuis longtemps ont encore moins de chance que les autres de retrouver un emploi et que, ainsi, on peut très rapidement se retrouver enfermé dedans, et on a toute l'ampleur du tableau.

Sinon, je suis entièrement d'accord avec vous.

Par contre, je précise un truc : je n'ai jamais, dans mon précédent message, prétendu que "il n'y avait qu'à" et je n'ai même pas tenté de donner des solutions concrètes. De plus, je n'ai parlé de la consommation à l'échelle de l'individu, mais bien de la société.

Le but de mon message était surtout de pointer une responsabilité collective, que serenis cornelius pointe d'ailleurs également dans son premier message.

Anonyme a dit…

"J'ajouterai qu'avant d'exprimer leurs choix comme consommateur, ils expriment leur choix d'une société dite de "consommation", dont la consommation est le moteur central. Et, ce choix, ils le ré-expriment à chaque élection."
Quand je regarde autour de moi, je vois des gens qui forment des couples, tissent des relations d'amitié, entretiennent des liens avec leur famille, s'insèrent dans leur communauté, s'engagent dans des causes, participent à des associations autour d'une passion commune, méditent, rêvassent, se promènent, créent des œuvres artistiques, confrontent leurs opinions à celle de leur semblables...

Pour une societé de consommation, il y a quand même une quantité phénoménale de choses dans nos vies qui ne tournent pas autour de la consommation...

Et ce résidu de consommation qui demeure quand on retire tout le reste, il me semble encastré dans ce qui la dépasse (on achètent des biens et des services pour les offrir à un amis, un conjoint, un membre de la famille... Une connaissance peut me recommander un livre... Inversement, je peux construire une relation d'amitié autour d'une passion commune pour un certains type de biens...)

Plus je réfléchis au concept de societé de consommation, plus je m'interroge sur sa pertinence...
(D’ailleurs pourquoi consommation? On pourrait tout aussi bien dire societé de production puisque pour consommer quelque chose, la plupart du temps, il faut le produire...)

M'enfin bon...(hausse les épaules)

Claude

serenis cornelius a dit…

Claude : Je partage une certaine admiration pour Krugman mais ce que je raconte dans ce billet a dû être dit bien avant car il ne s'agit finalement que de dérouler la logique d'une évolution historique générale.
Maintenant je partage aussi vos interrogations sur la société de consommation et elles me font penser à cette phrase de George Bernard Shaw dont je ne me lasse pas et qui, j'en suis sûr, vous plaira : " Quand on retire tout ce qui est inutile, le reste s'écroule".

serenis cornelius a dit…

der Masstab : Ce devait être un bug car je n'ai rien vu passer. (PS: je ne modère pas les commentaires).

der Maßstab a dit…

@serenis cornelis : c'est bien ce que je craignais. J'osais espérer que mon commentaire, que j'ai mis beaucoup de temps à taper, était juste coincé dans une sorte de "boite spam" à commentaires. Il est hélas définitivement perdu. Dommage. :-(

Anonyme a dit…

Vous savez quoi, maitre Cornelius? Vous ne vous êtes pas trompé, j'adore cette phrase et je sens que je vais avoir quelques occasions d'y avoir recours... ^-^

Claude

serenis cornelius a dit…

der Masstab : Vous devez être victime d'un complot. A mon avis, c'est l'Opus Dei.

serenis cornelius a dit…

Claude : Vous allez vous faire des amis...

der Maßstab a dit…

@serenis cornelius : en effet, ce doit être l'Opus Dei. En effet, je me suis faché avec un membre de l'Opus Dei il y a quelques années en lui demandant :

" - Et toi, tu es de la vieille école ou de la nouvelle école de l'Opus Dei ?

- Heuuu... j'en sais rien. C'est quoi pour toi l'ancienne et la nouvelle école ?

- L'ancienne école se mortifie au cilice, la nouvelle à la tronçonneuse."

Depuis, certains de mes messages disparaissent comme par magie...

Olivier Bouba-Olga a dit…

un peu en retard (vacances!), j'ajoute une cause statistiquement importante, qu'on pourrait ranger à la rigueur dans la catégorie "demande de services" : les stratégies d'externalisation des entreprises industrielles vers des entreprises "services aux entreprises". Voir ici ;) : http://obouba.over-blog.com/article-la-desindustrialisation-de-la-france-45301268.html

serenis cornelius a dit…

Olivier : Entièrement d'accord. C'est sans doute là d'ailleurs un des effets indirects majeurs de la mondialisation-financiarisation sur la désindustrialisation.

der Maßstab a dit…

@serenis cornelis : un autre changement nous pend également au nez, surtout à celui de Cyrano, d'ailleurs, c'est l'apparition de services qu'il suffit de faire une fois et une seule pour satisfaire tout le monde. On pensera immédiatement à la musique, aux films et aux logiciels, et au problème du piratage de ces trois médias. Ceci n'étant d'ailleurs que la partie émergée de ce gros iceberg, qui nécessitera, pour être résolu, des transformations importantes dans notre modèle économique qui iront plus loin que de simples rustines comme les protections anti-copie.

(Pour faire court, le problème, c'est que l'on essaie de vendre un bien public pur de la même manière qu'un bien privé pur.)

Ludivine CC a dit…

Lecture tardive, mais réalisée avec beaucoup d'intérêt ! Très bon article ... mais assez d'accord avec le premier commentaire : il manque quelques lignes explicatives sur l'influence de la mondialisation et la compétitivité à tout va, sur la désindustrialisation. Peut-être que les pôles de compétitivité en constitue une ébauche de réponse :)
Bravo en tous cas pour l'article et pistes de réflexion !

Ludivine CC a dit…

constituent, -ent :)

serenis cornelius a dit…

Ludivine CC: Merci et d'accord, mais la mondialisation comme catalyseur plutôt que comme LA cause de la désindustrialisation.