L’Enfer, c’est les autres
Une énorme tuile, arrachée par le vent, tombe et assomme un passant. Nous disons que c'est un hasard. Le dirions-nous, si la tuile s'était simplement brisée sur le sol ?
Henri Bergson - Les deux sources de la morale et de la religion - 1932.
On se fatigue, on s’échine, on s’évertue, on cherche, on brasse, on rumine, on collectionne, on interroge, on spécule, on conjecture, on modélise, on définit, on mesure, on calcule, on trace, on courbe, on disserte, on agrège, et tout ça pour quoi ? Rien !!! ou presque rien.
Voilà. Voilà où nous mènent trois siècles de réflexions économiques, trois siècles consacrés à l’étude du fonctionnement des économies en général, et des économies capitalistes en particulier. Trois siècles de recherches visant à expliquer les causes de la richesse, de la croissance, des prix, des inégalités, des crises, du chômage, de la pauvreté. Trois siècles à tenter d’expliquer comment fonctionnent les entreprises, les banques, les marchés, tous les marchés, marché des biens, marché du travail, marchés financiers. Trois siècles consacrés, aussi, à élaborer, sur la base de travaux théoriques, empiriques, voire empirico-théorico-empiriques, des principes, des outils, et des recommandations de politique économique, tout ça, histoire de gérer, quand ce n’est de prévenir, les innombrables problèmes auxquels nos sociétés sont, encore aujourd’hui, très largement confrontées. Et tout ça pour quoi ? Rien !!!! ou presque.
Et pourtant, ce ne sont pas les ouvrages, les articles, les données chiffrées qui manquent. Tout au contraire : ce sont des millions de pages, que dis-je des millions, des milliards de pages, sans doute, toutes consacrées à l’étude des phénomènes économiques, qui s’accumulent, depuis des siècles et des siècles, de telle sorte que si l’on parvenait à les disposer les unes sur les autres, ces pages - par ordre chronologique ce serait mieux (esthétique oblige), on pourrait, en les escaladant, se trouver sur
Car toutes ces études, aussi réfléchies et savantes soient elles, toujours marquées du sceau de la rigueur, de la neutralité et de la précision scientifiques, toutes ces études manquent malgré tout l’essentiel. Quel que soit en effet le sujet abordé, les théories économiques connues à ce jour - cet ensemble de connaissances accumulées qui fait la « Science économique » d’aujourd’hui, toutes ces théories sont totalement « à côté de la plaque ». Elles sont comme autant de marteaux pilons construits pour écraser une noix et qui, en plus, ratent la noix ! Car si elles parviennent parfois, difficilement d’ailleurs, c’est le moins que l’on puisse dire, à décrire le « comment » des choses, elles sont incapables, absolument et définitivement incapables, de comprendre leur « pourquoi ». Or si il y a une chose qui nous intéresse, en Economie comme ailleurs d’ailleurs, c’est bien le « pourquoi » de nos problèmes ! Le « comment », franchement, on s'en fout. Non ?
C’est ainsi par exemple que si les théories existantes permettent de décrire, assez bien, force est de le reconnaître, la situation actuelle en matière de chômage, d’inégalités, d’inflation ou de crise financière, elles sont incapables, ces théories économiques, de nous en donner une explication réelle, c’est-à-dire d’en dégager les causes, des causes claires et distinctes.
Pourtant, rien n’est plus facile. Et quoique qu’on en dise, ce n’est pas la complexité de nos économies qui pourrait faire obstacle à cette intelligence des causes, à cette révélation du « pourquoi » de nos problèmes dont le manque en est déjà, en soi, une explication, de ces problèmes, mais aussi des souffrances qui les accompagnent.
Certes l’économie est chose complexe, en ce que l’économie du Monde est le résultat, chaque jour, de milliards d’interactions individuelles, de ces interactions marchandes faites d’achats et de ventes, d’embauches, de licenciements, de décisions d’investir, de produire et de consommer, d’emprunts et de prêts divers et variés, bref de décisions prises par des milliards d’individus qui ne se connaissent pas, qui ne se rencontrent que rarement, et qui jamais ne se concertent préalablement à leur prise de décision afin de se mettre d’accord par avance sur qui produira quoi, qui consommera quoi, ou qui placera quoi et où. Complexité extrême donc. Et alors ???? Est-ce là une raison suffisante à l’ignorance ? Car quoi ? Qu’y-a-t-il, au fond, « derrière » chacune de ces décisions économiques (derrière chaque décision tout court d’ailleurs) dont on a dit qu’elles se chiffraient à coups de milliards ? Qu’y a-t-il ? Rien d’autre qu’une volonté individuelle, un désir individuel, un but individuel, un objectif individuel, en bref, une intention !!!!! Tout simplement. L’Economie ce n’est que cela : le résultat d'une somme d’intentions.
Dès lors que l’on a saisi cette évidence, tout devient facile. La découverte des causes des grands maux économiques qui frappent nos sociétés devient un véritable jeu d’enfants. Et pour quiconque connait les causes, les remèdes sautent aux yeux, si bien qu’il est à peine besoin d’en parler.
Il suffit en effet, pour expliquer n’importe quel phénomène, d’adopter La Méthode de base propre à toute enquête policière, laquelle consiste à commencer par découvrir, d’abord, l’intention du criminel, du braqueur ou du délinquant, découvrir donc « à qui profite le crime », et pour cela, trouver d’abord, et le plus vite possible, un mobile : Le mobile. Car le mobile est toujours la clé de l’énigme, si bien qu’une fois le mobile mis au jour, les choses s’enchaînent avec une facilité déconcertante, ou presque : « Car derrière le mobile, on découvre l’action ; Derrière l’action, apparait l’intention ; Et derrière l’intention, il y a le « coupable », c’est-à-dire La cause. » Marcel Guillaume - Mémoires - Editions du 36 quai des Orfèvres - Paris - 1930.
Exemple : Soit à expliquer les causes du chômage.
On commence par constater qu’une conséquence directe et obligatoire du chômage est la pression à la baisse sur les salaires (il y a là pour ainsi dire une « Loi » du capitalisme que tous les économistes semblent admettre d’où son statut de « Loi » ou de « quasi-Loi »).
On se demande alors à qui profite une pression à la baisse des salaires, autrement dit qui a intérêt, dans l’économie, à ce que les salaires augmentent peu, voire pas du tout, autrement dit encore qui « gagne » à une non hausse des salaires ? (on notera que la question ici n’est pas de savoir à qui profite le chômage en soi, directement, mais bien à qui profite cette conséquence du chômage qu’est la quasi-impossibilité des salaires d’augmenter).
A ce stade de la réflexion il peut s’avérer que l’enquête soit un peu plus compliquée que prévu car il arrive que l’on se trouve face à plusieurs intentions possibles, ouvrant sur plusieurs pistes possibles, et donc plusieurs « coupables » possibles. Mais comme on va le voir, ce n’est pas réellement un problème, car la règle en la matière sera toujours la même : il suffira de montrer comment ces pistes convergent, comment et où ces différentes intentions forcément se rencontrent, se croisent, se renforcent l’une l’autre, en bref comment les « coupables » sont « d’accord » pour que, dans l’exemple, le chômage se maintienne à un niveau empêchant toute hausse des salaires. Mais reprenons l’enquête.
Qui donc a intérêt à ce que les salaires n’augmentent pas ? L’enquête dévoile rapidement deux possibilités : les « patrons » (disons les « capitalistes ») et
Pourquoi les patrons ? Mais c’est évident ! Moins les salaires augmentent, plus élevés sont les profits ! Les « capitalistes » cherchant toujours le maximum de profit, il est clair que le chômage les arrange, en ce que c’est pour eux la possibilité de moins payer les salariés. Pourquoi
Deux pistes donc. Laquelle privilégier alors ? Là chacun fait ce qu’il veut, ou plutôt ce qui l’arrange. Un « capitaliste » pourrait se dédouaner en pointant du doigt
Maintenant, rien n’interdit, c'est même recommandé, de poursuivre « l’enquête », et de chercher qui se trouve « derrière »
Ce n’était qu’un exemple. Mais on l’a dit, cette méthode, La Méthode s’applique à tout : chômage, inégalités, désindustrialisation, crise boursière, etc. Elle explique tout.
Ajoutons quand même, c’est essentiel, qu’en pratique, c’est-à-dire dans les medias et autres lieux de discussion où il arrive qu’il soit question de sujets économiques, on trouvera la méthode employée sous deux formes, disons deux variantes.
La première variante consiste bien à « dénoncer » tel ou tel acteur ou groupe d’acteurs de l’économie en l’accusant d’être La cause de tel ou tel problème, mais sans aller jusqu’à lui imputer la volonté consciente de créer, de toutes pièces, ledit problème, quand bien même il y trouve un intérêt manifeste. Tout au plus conclura-ton que cet acteur, ou groupe d’acteurs, est « responsable mais non coupable », du chômage, des inégalités, de la crise, etc.
La seconde variante, en revanche, considérera systématiquement et explicitement que pour l’acteur ou groupe d’acteurs incriminés l’intention de nuire est bien réelle, pour cette simple raison qu’à ceux à qui elle ne nuit pas, elle profite ! La formule résumant cette variante sera alors : « Responsable(s) et coupable(s) » ou, c’est mieux, car plus direct, plus économe en mots, tout en étant plus explicite : « Coupable(s) », tout court.
On remarquera au passage que c’est cette seconde version de La Méthode et elle seule qui mérite totalement l’appellation courante de « Théorie du Complot », ce qui, contrairement à une idée reçue, et trop souvent partagée, est tout sauf une insulte, bien au contraire, puisqu’il s’agit, on l’aura compris, de la quintessence de La Méthode, méthode dont on a dit qu’elle était de fait la seule capable de mener une exploration véritablement scientifique des maux qui affectent une société et de révéler le « Pourquoi » des choses.
La « Théorie du Complot » apparait bel et bien comme la seule démarche authentiquement réaliste pour comprendre les problèmes économiques, politiques et sociaux qui minent une société (cela dit, elle permet de comprendre aussi nombre de phénomènes naturels, depuis la chute des corps jusqu’au mouvement des planètes, en passant par la question de savoir pourquoi il y a une vie avant la mort, ou encore la fameuse énigme de la reproduction logarithmique des lapins turcs, sans parler des mathématiques qui ne prennent sens qu’une fois que l’on sait de quel complot elles participent). Le monde est fait d’intentions, n’oublions pas cette vérité fondamentale. Et derrière les intentions il n’y a, par définition, que des hommes, des hommes mus par des intérêts, ce qui forcément les opposent aux autres hommes. Tout ce qui se produit dans notre société, le chômage, les inégalités, ou les crises financières, tout cela ne peut donc se comprendre que comme le résultat de complots, initiés par tel ou tel groupe forcément malintentionné. Et la bonne question à se poser serait celle de savoir pourquoi (par quel « complot » ?)
D’autant qu’au-delà de sa rigueur logique et de la simplicité de sa mise en pratique, la « Théorie du Complot » a un autre avantage. Grâce en effet au travail millénaire, difficile et ô combien ingrat de ces rares Initiés qui eux savaient, savent, et sauront, on dispose désormais de la liste quasi-exhaustive des « comploteurs » possibles, et ce quel que soit le problème économique, social ou politique qu’il s’agit de traiter, ce qui on en conviendra est d’une aide précieuse en ce que cela devrait permettre à l’enquête, toutes les enquêtes, d’avancer très vite, et d’économiser ainsi des ressources rares et précieuses à la fois. Des siècles d’Histoire on en effet permis de « ficher », comme possibles sources du Complot, et par ordre alphabétique :
Les banques, Les Chinois, Les francs-maçons (donc les Templiers), Les Juifs, Les marchés financiers, L’opus dei, Bernard Tapie (donc Roselyne Bachelot), Les Chrétiens, Les syndicats, Les Illuminati, Les riches, Les pauvres, Les Mahométans, Dieu, Satan, Umberto Eco, Les patrons, Les communistes.
Quel que soit le problème, le « fautif », le « coupable », voire le « bouc-émissaire » sera forcément parmi ceux là, pour cette simple raison qu’il ne saurait être ailleurs, et pourvu, bien sûr, qu’il vérifie, relativement au problème posé, deux conditions : 1) être l’envers de la « victime », de sorte à s’assurer qu’il soit bien le « coupable » ; 2) ne pas être « soi », car c’est bien connu : « L’Enfer, c’est les autres » (Raymond Quenau - Open Space - Pièce en un acte - Paris - 1944) !!!
Allez, pour finir, une preuve, parmi tant d’autres…
20 commentaires:
La propriété individuelle et la responsabilité individuelle sont des concepts de la théorie du Droit. Il faut aussi ajouter le contrat. Ces trois concepts suffisent à une bonne compréhension du monde économique. Ils expliquent la plupart des liens entre les individus.
Ainsi vous citez une tuile qui tombe du toit et blesse un passant. Cette tuile appartient à son propriétaire. A priori, le propriétaire est responsable de la chute de la tuile. Un propriétaire, conscient de sa responsabilité, avait pris une police d'assurance pour éviter de payer.
La compagnie d'assurance, devenue responsable d'une éventuelle chute de tuile, exigera un entretien régulier du toit, voire des réparations. Cette compagnie d'assurance fera payer d'autant plus cher que le risque statistique d'un évènement est grand. Peut-être la compagnie d'assurance proposera une prime d'assurance plus faible si l'assuré fait en sorte que nul ne pourra se promener a proximité du toit. Ou bien, elle demandera au propriétaire d'installer un dispositif anti-chute de tuiles. Sinon, le coût de l'assurance sera plus grand.
Ainsi, cette chute de tuile et de la blessure du passant n'est pas due uniquement au hasard. Elle est la conséquence d'une succession d'un droit de propriété, d'un contrat d'assurance et de responsabilités partagées.
gdm : Bien sûr... Mais le vent qui fait tomber la tuile, il appartient à qui ?
Un économiste dira que le facteur "vent" est ici un facteur d'incertitude. La certitude n'existe pas en science économique. Toute action humaine volontaire comporte un risque et une responsabilité.
Le propriétaire de la tuile sait que le risque existe. Toute action humaine volontaire recherche le profit. Et le profit n'est jamais certain. L'incertitude est au coeur de toute entreprise, de toute action humaine volontaire.
gdm : Oui. Mais le rapport avec le billet ?
La théorie du complot comme la seule révélatrice du pourquoi des choses, il fallait aller la chercher celle-là. J'applaudis des deux mains, très bon billet de circonstance.
Vous n'y êtes pas du tout, les complots que vous voyez ne sont que des diversions destinées à cacher le méta-complot, celui qui allie les joueurs d'échecs aux millepattes pour la domination du monde.
Jeffrey : Content d'avoir participé à votre édification...
Jean : La prochaine fois que vous croisez un millepatte, demandez-lui comment il fait pour marcher avec ses mille pattes. Vous verrez, c'est étonnant. Mais surmontez votre surprise et surtout ne montrez pas votre étonnement. On vous reconnaîtrait...
Quant à ce méta-complot que vous évoquez, on en parlait déjà en Inde, en 333 avant le Christ, bien avant les Templiers donc...
Mais... Mais...
Le Super-Complot-qui-se-dissimule-derrière-tous-les-autres-complots ne serait-il pas celui de ces économistes-là qui, vous nous le révélez, nous abreuvent depuis des siècles de théories soi-disant-scientifiques n'expliquant finalement rien puisque ne révélant pas le pourquoi du Monde ???
Et moi je dis que ça, ça peut pas être innocent cette propension à ne pas dire ce qu'Ils savent forcément !!!
ElHo : C'est une hyptothèse intéressante. Il manque un mobile clair cependant. Quel serait en effet l'intérêt pour la Secte des Economistes de se comporter ainsi ?
Bah... Tout de suite, vous chipotez...
Leur but ultime : la domination du monde, of course !
Leurs moyens &/ou autre mobiles ? Euh... on aurait dit que c'était trop complexe, voire explosif (au sens "scoop-esque" du terme !) et surtout trop long à expliquer dans un modeste commentaire de votre excellent blog ! :-)
ElHO: Je pourrais être d'accord si je ne connaissais pas d'économistes. Car ceux que je connais, comme Maîtres du Monde, ce serait franchement très drôle.
"Car ceux que je connais, comme Maîtres du Monde, ce serait franchement très drôle."
Tss, nous ne sommes pas dupes, en vous présentant comme plus ridicules que vous ne l'êtes vraiment, vous estompez notre méfiance.
Après tout, qui a besoin d'une réputation de sérieux quand il est maître du monde? :p
Pour citer deux experts...
"Croup: You find us funny, Messire Marquis, do you not? A source of amusement. Is that not so? With our pretty clothes, and our convoluted circumlocutions—
Vandemar: I haven't got a circumlo—
Croup: —and our little silliness of manner and behavior. And perhaps we are funny. But you must never imagine that just because something is funny, Messire Marquis, it is not also dangerous."
Claude(pour le message, Neil Gaiman pour le dialogue)
Claude : Vous avez raison, et je suis d'accord avec vous (ce qui ne va pas de soi car je pourrais ne pas l'être quand bien même j'admettrais que vous ayez raison), quand vous dites qu'on n'a pas besoin d'être sérieux quand on est Maître du Monde. Du coup, je modifie la proposition : les economistes sont trop sérieux pour pouvoir être Maîtres du monde.
Et merci pour le passage en Anglais dans votre commentaire qui va permettre (enfin) de donner à ce blog une audience internationale (qu'il mérite).
@serenis cornelius
Vous évoquez la théorie du complot comme cause d'évènements sociaux. Cette thèse suppose une concertation d'une ampleur si grande qu'elle est contestable.
Le concept de droit de propriété et de responsabilité est suffisant pour expliquer les évènements sociaux. Le droit de propriété me semble plus pertinent pour expliquer les évènements sociaux.
gdm : Vous avez dû oublier de regarder la date du billet...
Blague à part, cette théorie du complot, je l'ai entendue très souvent, quoique sous des formes un peu atténuées, et donc bien plus réalistes.
Une question revient systématiquement : "Comment, concrètement, les patrons créent le chômage ?" ainsi que sa réponse (du moins, en ce qui concerne la France) : "Les patrons créent du chômage en faisant venir de l'immigration".
Maintenant, la question est de savoir à quelle condition l'immigration crée effectivement du chômage ou n'en crée pas.
L'immigration provoque une augmentation de la demande d'emploi, mais elle provoque également une augmentation de la demande d'emploi, car les immigrés vont au final dépenser leur salaire en consommant, ce qui va donc inciter les entreprises à produire plus, et elles devront embaucher pour produire plus.
Dit autrement, les immigrés produisent en achetant le travail qu'ils fournissent en produisant ce qu'ils achètent. Cela s'équilibre.
Maintenant, qu'est-ce qui peut "fausser" cet équilibre ?
1/ L'envoi par les immigrés d'argent à leur famille. Cependant, en réalité, cet envoi d'argent est compensé par l'importation de biens par les pays d'origine des immigrés. Pourquoi importent-ils des biens ? Tout simplement car, à cause de l'émigration, ils n'ont plus assez de main d'oeuvre pour produire et sont donc obligés d'importer.
2/ L'épargne. Mais il n'y a aucune raison pour qu'un immigré épargne plus qu'un non-immigré.
3/ Les différences de salaires.
Le vrai problème est là : les immigrés ne sont en général pas aussi bien payés que les autres (travailleurs clandestins, discriminations, etc...). Et CECI crée du chômage car les travailleurs sous-payés ne peuvent pas produire en consommant le travail qu'ils consomment en produisant.
Bref, pour lutter contre le chômage lié à l'immigration, il faut augmenter massivement les salaires des immigrés.
A force d'être iconoclaste, je crois que je vais finir au bûcher...
der Masstab : Ah oui les émigrés. Il faudrait les ajouter à la liste.
@ serenis cornelius
« Certes l’économie est chose complexe, en ce que l’économie du Monde est le résultat, chaque jour, de milliards d’interactions individuelles (…) »
Vous êtes quand même sacrément gonflé. Et la date du jour n’a rien à y faire. On se demande bien quel est le rapport d’ailleurs. S’il fallait une preuve du complot, la voila : vous tentez, sans succès car nous sommes vigilants, de minimiser la complexité des choses afin de laisser croire que les zéconomistes en auraient le contrôle (des choses). Or, pour peu que l’on prenne un peu de temps pour bien les analyser (les choses) on se rend rapidement compte que ce ne sont pas de milliards d’interactions dont il faut tenir compte mais bien de centaines de milliards !
Et c’est là que nous pouvons faire appel à gdm et ses amis libertariens qui ont développé une théorie stupéfiante pour gérer ces centaines de milliards d’interaction et faire en sorte que, comme dirait Frédéric Lefebvre, tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Pour cela (que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles) il suffit de … ne rien faire. Encore fallait-il y penser. Mais il est vrai que, lorsque l’on connait la nature humaine, il apparait tout à fait raisonnable de lui faire confiance pour, sous l’action combinée :
(1) d’absence d’Etat régulateur
et
(2) de concurrence libre et non faussée,
lui laisser libre cours (à cette nature humaine) afin d’établir enfin le paradis sur terre.
Je sais que, comme chez Paul Jorion, mon commentaire va être censuré mais ce n’est pas cela qui me fera renoncer à dénoncer le complot auquel, à mon grand regret, vous participez.
RST : Quel complot ?
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