mercredi 23 mars 2011

Il arrive qu’à trop tirer sur une corde, elle lâche…

C’est dans un trois étoiles avec piscine, situé près de l’ancienne gare, que les deux enquêteurs se posèrent. Quatre-vingt cinq euros la chambre double, et menu à quatorze euros. A peine sortis de table, ils partirent marcher dans la vieille ville.
Hervé Jourdain - Sang d’encre au 36 - 2009.



Les hommes qui nous gouvernent sont toujours, ou presque, c’est connu, animés des meilleurs intentions du monde. Tout ce qu’ils pensent, disent, et font, n’a pour but que l’amélioration de la situation des peuples dont ils ont la charge, leur bien-être, pour ne pas dire leur bonheur, voire, c’est encore mieux, leur Salut ! C’est vrai en général. C’est vrai en particulier, dès lors qu’il est question de la situation économique du pays et de ses habitants.

Pour mener à bien cette « mission », les hommes qui nous gouvernent ont à leur disposition un certain nombre de moyens, dont un fait régulièrement la « Une » des médias : le taux de l’intérêt. De fait, le taux de l’intérêt est le moyen, le levier, l’outil, « l’arme » (ah ! la poésie des formules journalistiques, on ne s’en lassera jamais…), régulièrement utilisé par l’une de ces institutions majeures qui, conjointement aux Gouvernements, s’est donné comme objectif rien moins que notre « bonheur » économique. Cette institution, c’est la Banque Centrale, et pour nous, Français, donc Européens, la Banque Centrale Européenne (Il est vrai que nous sommes aussi, et sans doute d’abord, citoyens du Monde, mais vu qu’il n’existe pas encore de Banque Centrale Mondiale, il est inutile d’en parler. La preuve…).
Concrètement, la Banque Centrale Européenne (BCE) agit en « actionnant » le taux de l’intérêt européen, à la hausse ou à la baisse, ce qui nous concerne directement, nous, Français, comme tous ceux avec qui nous partageons l’Euro. Car c’est à elle, la BCE que le Traité de Maastricht a confié l’exclusivité de ce qu’on appelle la « politique monétaire ». En effet, « actionner », le taux de l’intérêt, c’est exercer la « politique monétaire », et exercer la « politique monétaire », c’est « actionner » le taux de l’intérêt. Et cela, ce n’est pas rien.

En agissant sur le taux de l’intérêt en effet, une Banque Centrale agit sur le crédit distribué par les banques à leurs clients, les entreprises et les ménages. Agissant sur le crédit distribué par les banques, la Banque Centrale agit sur la quantité de monnaie en circulation dans l’économie (car le crédit bancaire est créateur de monnaie). Agissant sur la quantité de monnaie disponible dans l’économie, la Banque Centrale agit sur le volume des biens produits (la croissance économique donc), sur les prix des biens produits et échangés (l’inflation donc), sur le volume de l’emploi (le chômage donc).

On a dit « agit ». Il est en vérité préférable de dire que les Banques Centrales, par la « manipulation » du taux de l’intérêt, « espèrent agir », sur le montant de la production et de l’emploi, ou sur le niveau des prix. Car en l’espèce, rien n’est jamais sûr. Le contraire se saurait, quoiqu’apparemment on le sache peu, tant les medias nous décrivent des Banques Centrales éclairées, omniscientes, sûres d’elles-mêmes, aux commandes de l’économie telle un pilote aux commandes d’un bolide ou un technicien aux commandes d’une machine, sauf qu’ici, ce qu’il s’agit de piloter, c’est l’économie d’un pays ou, pour nous Européens, d’un ensemble de pays, dont les rouages sont infiniment plus complexes et incertains que ceux qui permettent à un bolide ou à une machine, quels qu'ils soient, de fonctionner normalement.

C’est ainsi que quand une Banque Centrale considère que le crédit est trop « facile », trop abondant, car trop peu cher, elle agira, classiquement, en haussant le taux de l’intérêt. Le but premier de cette opération est de « freiner » l’économie, de « freiner » la Demande, et, par voies de conséquence, de ralentir une activité économique dont la « surchauffe » s’exprime par une hausse des prix, en bref, par de l’inflation.
Inversement, une Banque Centrale qui considère que le risque inflationniste est faible, et qui considère aussi, au même moment, que la croissance économique est faible (« molle » dit-on, ces temps-ci, dans les milieux autorisés) ou carrément en chute libre, et que, par suite, le chômage s’accroît « dangereusement », cette Banque Centrale agira en baissant le taux de l’intérêt, espérant ainsi « relancer » l’économie, à savoir, dans l’ordre, c’est important, relancer l’investissement, donc la production, et donc l’emploi.

Simple non ?
Oui. Sauf qu’à y regarder de plus près, ces deux politiques, la politique de Rigueur (hausser le taux de l’intérêt) d’une part, et la politique de Relance (abaisser le taux de l’intérêt) d’autre part, sont tout sauf « symétriques » ! Ce serait trop beau !
Car en effet, si les conséquences d’une politique de Rigueur ont de bonnes chances, de très bonnes chances, d’être les conséquences souhaitées (freiner l’économie), il est loin d’en être de même pour les politiques de Relance dont le but est de relancer l’économie nationale, d’en relancer, plus précisément, la Demande Globale, cette Demande qui s’adresse à l’ensemble des entreprises du (des) pays considéré (s), qu’elles produisent des biens de consommation ou des biens d’équipements (l’investissement). Car d’abord, c’est connu : «On ne peut forcer à boire un âne qui n’a pas soif ». Car surtout, c’est mieux, plus précis et moins insultant à la fois (moins insultant pour les ânes bien sûr): « Une corde : elle peut tirer, mais pas pousser. » (Citation attribuée à Keynes par Joseph Siii, Joseph Sti… Joseph Chti…Ahr !!! Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie. Ouf !).

Prenons par exemple, mais pas au hasard, c’est tout le contraire, cette décision qui est au cœur de nos économies : la décision d’investissement des entreprises.
Cette décision dépend d’un certain nombre de facteurs, de natures diverses. Des facteurs économiques certes, mais aussi des facteurs psychologiques, sociaux, voire des facteurs d’ordre psychanalytique et tant qu’à faire, pourquoi pas, religieux.
Laissons de côté, quand bien même ils sont loin d’être négligeables, les facteurs relatifs à l’humeur des décideurs, leur désir de puissance, leur attitude face à la mort, l’idée qu’ils se font de l’au-delà, ou encore la météo, et ne considérons que les facteurs strictement économiques. Deux sont à prendre en compte absolument : le taux de rentabilité de l’investissement souhaité et le taux de l’intérêt.
Le taux de rentabilité d’un investissement c’est, en gros, la mesure des « bénéfices » attendus de l’investissement rapporté à la dépense d’investissement.
Le taux de l’intérêt, c’est… le taux de l’intérêt.

Illustration : Si on estime qu’un investissement, par exemple l’achat de machines, ou l’acquisition d’un local, devrait rapporter, au total, pendant disons 10 ans, un « bénéfice » de l’ordre de 100 000 euros, quand la dépense nécessaire pour acquérir les machines ou ce local est de 1 000 000 d’euros (ça on en est sûr), le taux de rentabilité de l’investissement sera de 100 000 / 1 000 000 = 0,10, soit, exprimé en pourcentage, 10%. (En vérité, l’estimation des « bénéfices » attendus d’un investissement est complexe et ne peut jamais prétendre à la certitude, tant l’avenir est, quoique l’on fasse, incertain).

Question : A quelle condition alors décidera-t-on de procéder ou non à cet investissement ?
Réponse : Tout dépendra du niveau du taux de l’intérêt.
Question : Ben pourquoi ? Si on a l’argent ? Le taux d’intérêt, on s’en fout.
Réponse : Non pas.
Question : Ha ?
Réponse : Oui. Car voyez-vous, le million d’euros, soit on l’a, soit on ne l’a pas.
Question : Et ?
Réponse : Si on ne l’a pas, il faudra sans doute l’emprunter, donc payer un intérêt, lequel dépendra du taux de l’intérêt en vigueur. C’est ainsi que si le taux de l’intérêt est de 15%, on voit mal ce qui motiverait la décision d’investir quand l’investissement rapporte 10% seulement, c’est-à-dire moins que le taux d’intérêt qu’il faudra payer. Inversement, avec un taux de l’intérêt à 8% par exemple, l’investissement se justifie vu qu’il rapporte 10%, plus donc que le taux de l’intérêt qu’il faudra payer pour le financer.
Question : Oui mais si on a l’argent ? Le taux d’intérêt, on s’en fout !
Réponse : Je sais. Vous l’avez déjà dit. Mais non. On ne s’en fout pas. Car même si on a l’argent, le taux d’intérêt indique dans ce cas non pas ce que coûterait un emprunt de 1 000 000 d’euros, mais ce que l’on gagnerait en plaçant ce million d’euros à ce taux, et s’il se trouve que ce placement financier rapporte plus que l’investissement lié à l’acquisition de machines ou d’un local, on préféra ce placement à l’investissement. Autrement dit, soit on n’a pas l’argent, et il faut emprunter, et le taux de l’intérêt exprime, en quelque sorte, le « coût » de l’investissement. Soit on a l’argent et là, le taux d’intérêt exprime ce que l’on ne gagnera pas, ce donc à quoi l’on renonce, en ne plaçant pas cette somme d’argent, et en décidant d’investir, dans des machines ou des locaux, en bref, ce que les économistes appelleraient le « coût d’opportunité » de la décision d’investir.
Question : Donc le taux d’intérêt intervient toujours dans la décision d’investissement, qu’on ait l’argent ou pas ?
Réponse : Exact. Et la règle est unique, simple et claire : La décision d’investissement repose fondamentalement sur la comparaison entre le taux de rentabilité de l’investissement, tel qu’on a estimé et tel qu’on l’espère, et le taux de l’intérêt, et elle n’est prise, la décision d’investissement, que si le taux de rentabilité de l’investissement s’avère plus élevé que le taux de l’intérêt. Dans l’exemple, avec un taux de rentabilité de l’investissement estimé à 10%, l’investissement ne sera décidé que si le taux de l’intérêt est inférieur à 10%.

On voit alors se dessiner (très joli… on imagine un paysage, un visage…) une relation entre le montant des investissements décidés par les entreprises d’un pays et le niveau du taux de l’intérêt en vigueur dans ce pays telle que plus le taux de l’intérêt est élevé moins les entreprises sont incitées à investir, et telle donc que plus le taux de l’intérêt est bas, plus les entreprises sont incitées à investir.
Et, de là à dire, alors, (« de là à dire alors », très joli ça aussi… sur un air de Gainsbourg, tiens, par exemple…), de là à dire, donc, que quand le taux de l’intérêt augmente alors forcément l’investissement diminuera et qu’inversement, quand le taux de l’intérêt baisse, alors forcément l’investissement augmentera, il n’y a qu’un pas.
Or ce pas. Ce pas… Ce pas !!!... Quoi ce pas ? Hé bien ce pas, justement, il ne va pas de soit !!! Loin de là. Car d’abord, c’est connu : «On ne peut forcer à boire un âne qui n’a pas soif ». Car surtout, c’est mieux, plus précis et moins insultant à la fois (moins insultant pour les ânes, bien sûr, ajoutons pour les mulets, aussi, tant qu’à faire): « Une corde : elle peut tirer, mais pas pousser. » (Citation attribuée à Keynes par Joseph Siii, Joseph Sti… Joseph Chti…Ahr !!! Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie. Ouf ! Quand même !).

La hausse du taux de l’intérêt, c’est la corde que l’on tire. Et ça marche. Essayez pour voir. Attachez solidement à une corde votre femme, votre mari, un de vos enfants (voire plusieurs s’ils sont petits et que vous n’êtes pas Hercule), un ami, un voisin, votre père, ou votre belle-mère, un collègue, Carla Bruni ou Jean-Pierre Pernaud, votre chat ou votre chien, Roselyne Bachelot, un poisson rouge, Jean-Michel Apathie ou Arlette Chabaud, bref qui vous voulez, et tirez !!!.. tirez !!! Mais tirez bordel !!! Ah Ah !!! Vous voyez !!! Ca marche !!!
Avec le taux de l’intérêt, c’est pareil. Quand vous le tirez (vers le haut bien sûr!!! C’est pas croyable ça !!!), hé bien, les entreprises elles vont investir moins. Et pour cause, il leur sera plus difficile de trouver des investissements rentables, des investissements tels que tous comptes faits, le taux de rentabilité est supérieur au taux de l’intérêt. Et, l’investissement diminuant, c’est l’ensemble de l’économie qui va « ralentir », ce qui, on s’en rappelle est précisément le but recherché.

Maintenant, attachez solidement à une corde votre femme, votre mari, un de vos enfants (voire plusieurs s’ils sont petits et que vous n’êtes pas Hercule), un ami, un voisin, votre père, ou votre belle-mère, un collègue, Carla Bruni ou Jean-Pierre Pernaud, votre chat ou votre chien, Roselyne Bachelot, un poisson rouge, Jean-Michel Apathie ou Arlette Chabaud, bref qui vous voulez, et poussez !!!.. poussez !!! Mais poussez bordel !!! Alors ? Alors : rien, nothing, nada, Nichts, Ничто, 何もです, niente, שום דבר, لا شيء.
Hé bien avec le taux de l’intérêt, quand on l’abaisse, c’est pareil, ou presque. Vous pouvez l’abaisser autant que vous voudrez, le baisser à son maximum et le mettre à 0%, vous pouvez espérer que l’investissement repartira, mais rien n’est sûr, loin de là.
Il suffit par exemple que les industriels soient pessimistes, qu’ils voient mal comment, compte tenu de la vision morose qu’ils ont de l’avenir, ils pourront investir dans des conditions rentables, et la baisse du taux de l’intérêt aura le même effet que la corde que l’on pousse : rien, nothing, nada, Nichts, Ничто, 何もです, niente, שום דבר, لا شيء, ou presque.

Mieux encore, imaginez que dans le pays, certains, pour ne pas dire tous, fort malins, une fois satisfait leur désir de consommation, se retrouvent avec de la monnaie, ne sachant exactement qu’en faire, et se demandant : « L’investi-je ou l’investi-je pas ? ». Observant alors que le taux de l’intérêt baisse, ils vont se dire, les malins, un truc du genre : « Oulala ! Les taux baissent. S’ils baissent, c’est qu’ils vont remonter. Alors attendons… Hé hé ! Gardons notre monnaie bien au chaud sur notre compte courant… Attendons que les taux remontent, que les placements rapportent plus ». Si tel est le cas, si les individus expriment, envers et contre tout, une forte « préférence pour la liquidité » (la monnaie), ils souhaiteront la garder « en devers eux », car c’est connu, « En devers soi on est soi, et tant qu’à être soi, autant ne pas être un autre », et la Banque Centrale pourra baisser le taux de l’intérêt autant qu’elle le voudra, elle pourra, la Banque Centrale, pousser sur la corde de tout son poids, on sait ce qu’il se passera, relativement à la relance souhaité de l’investissement et de l’éconmie : rien, nothing, nada, Nichts, Ничто, 何もです, niente, שום דבר, لا شيء, ou presque.

Est-ce à dire que pour relancer l’économie la Banque Centrale est totalement impuissante ? Pas sûr. Car si son action sur le taux de l’intérêt butte sur ce « théorème de la corde » (très joli ça aussi, décidément…), elle peut toujours espérer jouer sur l’autre déterminant de la décision d’investir, savoir le taux de rentabilité de l’investissement, lequel repose, fondamentalement sur « l’état de la confiance », « le climat des affaires », en clair « l’optimisme ambiant ». Mais là, finie la belle mécanique, finis les enchaînements prévisibles de rouages plus ou moins bien huilés (j’actionne ceci alors il se passe cela et puis cela encore et puis cela cela encore encore…). Place ici au discours, à la parole, au Verbe, bref, place à un « chamanisme » qui en dépit des siècles passés est toujours à l’œuvre dans nos sociétés et qui consiste, à la base et par exemple, à croire que certains rituels, des chants, des danses, souvent les deux, permettent, pourvu qu’ils soient le fait d’un chaman (une espèce de sorcier finalement) authentique, d’un chaman reconnu, d’un chaman crédible donc ! permettent de faire pleuvoir, ou de faire le beau temps, c’est selon. Ici les chefs d’Etat et de gouvernement, certains ministres aussi seront invités à se joindre à ce rituel somme toute quasi permanent et dont on connait les refrains par cœur :

« Ayez confiance !!! »
« N’ayez pas peur. »
« Nous faisons tout notre possible. »
« Le pire est derrière nous. »
« L’avenir est devant nous. ».
ou encore, quand on sent l’auditoire à la limite de l'élévation extatique : « Dieu est avec nous ! ».

La rigueur monétaire (la hausse du taux de l’intérêt) plus sûre, plus commode, car plus prévisible, dans ses effets, que la relance donc. La relance monétaire (la baisse de ce même taux de l’intérêt), toujours possible, mais ô combien aléatoire. Voilà ce qu’il faut retenir de ce billet, et que résume « l’image » de la corde qui permet à coup sûr de tirer, mais jamais de pousser.
Cela dit, il arrive qu’à trop tirer sur la corde, elle lâche. Et là…

Bon. C’est bientôt les élections. La campagne a commencé. Espérons qu’ils se représenteront, ceux là.
Quoi ? Vous ne connaissez pas le « vol yogique » ? Tout est . Reste plus qu'à s'entraîner...

16 commentaires:

der Maßstab a dit…

Bonjour,

Merci beaucoup pour votre billet qui donne une bonne claque bien méritée à tous les économistes qui se prennent pour Dieu le père et pensent qu'il suffit de résoudre des équations avec des gros ordinateurs pour résoudre tous les problèmes possibles et inimaginables.

Petit commentaires, en vrac :

* On ne peut pas forcer un âne qui n'a pas soif à boire dans un système qui prône la liberté individuelle (ce qui est une excellente chose) envers et contre tout (ce qui par contre en est une très mauvaise).

Sans aller jusqu'au totalitarisme, on pourrait très bien imaginer de donner quelques coup de pieds à un endroit stratégique du dit âne jusqu'à ce qu'il boive son eau.

* Une manière directe de forcer un âne qui n'a pas soif consiste tout simplement à devenir l'âne. Concrètement, cela passe passe par trois mesures :

1/ Introduire dans le marché des acteurs qui agissent en fonction de l’intérêt commun et non seulement du leur, dit autrement, des services publics.

Hélas, par les temps qui courent, les partisans des services publics sont pris pour des hérétiques et envoyés au bûcher...

2/ Nationaliser des entreprises stratégiques.

3/ Si l'on manque de moyens pour nationaliser purement et simplement les entreprises stratégiques, les saisir. Je verrai bien une forme de saisie qui consisterait à déposséder les actionnaires de leurs droit de vote en leur laissant la propriété du capital et des bénéfices.

Mais bon, là, on passe de l'hérésie à l'iconoclasme...

4/ Une version light consiste tout simplement à imposer aux entreprises d'investir par la loi. Une façon subtile de le faire est de modifier le calcul de l'amortissement.

* Je vais citer un de mes profs de mathématique, qui aime beaucoup aller au ski, parait-il, économiste à ses heures perdues :

"Pour résoudre le problème du chômage, on prend la moitié des chômeurs pour creuser des trous, l'autre moitié pour les reboucher. Ça s'appelle les grands travaux. Ça s'est fait dans les années 30."

Je continuerai mes commentaires plus tard, c'est pas une heure à traîner sur un blog d'économie. Surtout quand on a un oral le lendemain, et en Allemand...

serenis cornelius a dit…

der Masstab : Je ne sais si la majorité des économistes qui s'intéressent à la politique économique croient que les équations et les gros ordinateurs "suffisent" pour résoudre nos problèmes économiques. Il y en a cependant, certainement, et malheureusement, surtout quand ces modèles sont autant de marteaux pilons construits pour écraser une noix et qui en plus ratent la noix.
Les mesures que vous proposez sont pour le moins radicales. La discussion de leur efficacité respective mériterait, à elles seules, plusieurs billets. Notez cependant que dans l'état actuel des choses, et concernant l'investissement, l'Etat est loin d'être absent, directement, par les investissements publics, ou indirectement. Qu'il n'en fasse pas assez, notamment en matière d'éducation et de recherche, est un problème. Et qu'il le fasse mal, en finançant des dépenses qui ne porteront pas la croissance future, est un autre problème. Et là, rien n'assure que des nationalisations ou autre "saisies" d'entreprises privées garantissent que les choix d'investissements seront plus judicieux.
Quant à votre prof de maths, il a peut être lu Keynes, mais alors pas complètement...

der Maßstab a dit…

Concernant les "saisies" d'entreprises, je ne l'envisage pas dans le but de "bien investir" mais dans le but d'investir tout court.

serenis cornelius a dit…

der Masstab : Investir d'accord, mais il n'est pas absolument certain que l'on investisse bien. C'est vrai pour le secteur privé comme pour le secteur public.

der Maßstab a dit…

* Je suis d'accord avec vous : tous les investissements ne sont pas forcément judicieux.

Sur la question de savoir ce qu'est un investissement judicieux ou non, je me garderai par contre de tout commentaire car je n'ai pour le moment aucune réponse tranchée, ni même d'exemples "exemplaires" de bons ou mauvais investissements.

* Dans le cas des investissements publics, la question de l'investissement est en lien avec celle de la dette publique. Mon idée sur la question est que s'endetter pour investir est une excellente chose, vu que l'investissement va rapporter. (A l'échelle d'un état, j'entends : cela inclut non seulement les profits directs, mais également toutes les retombées indirects (raisonnement macroéconomique).)

La condition étant bien sûr que l'investissement soit judicieux. S'endetter pour construire un barrage hydroélectrique me semble être une bonne idée, le faire pour un stade de foot en est une moins bonne.

Enfin, l'autre condition est tout simplement que ce soit un investissement. Cela parait être une lapalissade, mais un état ne fait pas qu'investir : il fait tout un tas d'autres dépenses "courantes" : salaires des fonctionnaires, aides sociales, etc... Et, là, s'endetter pour ces dépenses me semble être catastrophique pour une raison simple car ces dépenses sont récurrentes : en moyenne, il n'y a aucune raison qu'elles ne s'arrêtent, et donc la dette peut augmenter indéfiniment.

Il y a bien sûr des variations qui peuvent être comblées dans un sens par l'emprunt et qui dans l'autre sens peuvent servir à constituer une épargne, mais il faut qu'il y ait un équilibre "en moyenne".

* Quelques mots sur l'idée qui sous-tend mes suggestions, que j'ai failli développer dans ma précédente réponse. L'idée, c'est que la société est nécessaire pour assurer à tous les individus la liberté et, tout simplement, la survie. Donc, en contrepartie, les droits et libertés des individus ont une limite : la survie de la société.

der Maßstab a dit…

* En parlant d'investissement et d'emprunts (sujets intimement liés comme ce billet l'a bien montré), il y a quelque chose qui me choque profondément dans les problèmes économiques actuels.

L'argent, à la base, c'est un droit. Le droit de le posséder et d'acheter des choses avec. Et le droit, dans une démocratie, vient du peuple.

Pour bien saisir la phrase précédente, faisons une expérience de pensée : supposons que, demain, il y ait un référendum dont la question est "voulez-vous supprimer la monnaie ?". Si la réponse est oui, le lendemain, les billets en euros auront la même valeur que leurs équivalents de monopoly.

Entendons-nous bien : ce serait une folie à tous points de vue. Mais c'est pour illustrer le lien entre l'argent, le droit, et le peuple.

Autre expérience de pensée, toujours par référendum. Supposons que l'on fasse un référendum, dont la question est : "voulez-vous supprimer ou non le vol de monnaie comme délit ?". Si voler de l'argent n'est plus un délit, alors, tout le monde volera de l'argent, donc plus personne ne pourra en posséder et donc plus personne n'acceptera de vendre des produits en échange d'argent. Donc, in-fine, il ne vaudra plus rien.

Entendons-nous bien : ça aussi, ce serait une folie à tous points de vue. Mais ça aussi, c'est pour illustrer le lien entre l'argent, le droit, et le peuple.

Dans la crise grecque, le peuple Grec est privé du droit à disposer de lui-même, et doit se plier aux exigence du FMI, des agences de notations, des investisseurs qui lui prêtent de l'argent, pour que ces gens daignent prêter de l'argent à la Grèce, et en plus à des taux exorbitants.

N'y a-t-il pas comme quelque chose d'inversé ?

Entendons-nous bien. Je serai absolument et totalement contre une "solution" (entre GROS guillemets") type "emprunts russes". Mais, moralement parlant, la situation actuelle est choquante.

RST a dit…

L’analogie avec la corde est très parlante.
Je suis beaucoup moins convaincu quand vous écrivez : « La décision d’investissement repose fondamentalement sur la comparaison entre le taux de rentabilité de l’investissement, tel qu’on a estimé et tel qu’on l’espère, et le taux de l’intérêt », surtout quand l’entrepreneur dispose des fonds. J’aimerais savoir sur quoi repose une telle affirmation ? Y a-t-il eu des études de cas, des enquêtes, des sondages auprès des industriels leur demandant comment ils prenaient leurs décisions d’investissement ou est-ce encore une théorie purement sortie des cerveaux des économistes, un peu comme la théorie du coût marginal ?
Un investissement donné peut s’avérer moins rentable au départ par rapport au taux d’intérêt mais être néanmoins nécessaire à plus long terme pour gagner des parts de marchés, assurer la pérennité de l’outil industriel, développer de nouveaux secteurs, …
De plus, il me semble qu’il doit y avoir une multitude de manières de calculer un taux de rentabilité et que, suivant les hypothèses que l’on prend, on doit pouvoir arriver à démontrer à peu près n’importe quoi.

serenis cornelius a dit…

der Masstab : Il est clair qu'en soi une dette n'est pas un problème pourvu qu'elle finance un investissement porteur d'une création de richesse future. Sans dettes, privées comme publiques, je doute que le capitalisme ait pu connaître le développement qui fut le sien.
Concernant la Grèce, mais aussi toute situation comparable ailleurs, j'ai l'impression qu'on oublie parfois que le risque zéro n'existe nulle part y compris en matière de prêt à un Etat. Si bien qu'en cas de difficulté, on pourrait aussi demander aux prêteurs de contribuer à une solution. Concrètement, cela veut dire que certains ne seront pas remboursés (restructuration de la dette).

serenis cornelius a dit…

RST : Bien sur que le calcul d'un taux de rentabilité est difficile, et comprend de nombreuses incertitudes. De là à dire qu'on puisse faire "n'importe quoi", si cela doit arriver parfois, je doute que ce soit le cas général. En revanche, il est probable que l'on puisse faire "ce qu'on veut" en se donnant d'abord le taux de rentabilité souhaité et en inférant les bénéfices nécessaires à son obtention.
Quant à la prise en compte du taux de l'intérêt elle est en théorie systématique y compris "quand on a les fonds" ne serait-ce parce que le taux de l'intérêt participe de la définition du taux d'actualisation. Maintenant il est vrai que quand des investissements stratégiques s'avèrent nécessaires, qu'il est aussi des investissements qui une fois décidés en appelleront forcément d'autres, et qu'en conséquence, le raisonnement en terme de coût d'opportunité sera moins pertinent.
Ce que montrent les études en la matière (micro comme macro-économiques), c'est que des deux paramètres qui président à la décision d'investissement, c'est de loin le taux de rentabilité qui l'emporte sur le taux de l'intérêt. C'est ainsi par exemple qu'un taux de l'intérêt qui baisse n'entraînera pas forcément une hausse de l'investissement (voir le billet). De même qu'une hausse du taux de l'intérêt pourrait ne pas s'accompagner d'une baisse de l'investissement si le moral des décideurs est bon et si donc les perspectives de croissance et de profits futurs sont bonnes.

der Maßstab a dit…

@serenis cornelius :

* J'aimerai avoir également votre avis philosophique sur la question.

* J'ai peur qu'une restructuration de la dette grecque, si elle résoudrait le problème à court terme, à long terme empire la situation. La crise grecque actuelle est essentiellement provoquée par une panique des investisseurs qui se répercute sur le taux d’intérêt, et qui du coup met la Grèce en difficulté (anticipation auto-réalisatrice). Une restructuration de la dette ferait que la Grèce ne pourrait plus emprunter sur les marchés à des taux raisonnables à l'avenir, ce qui nuirait encore plus à sa reprise économique.

* Je pense qu'une solution qui pourrait fonctionner serait :

1/ A court terme, une aide de la banque centrale européenne, des autres états européens ainsi que du FMI qui aurait pour but non seulement d'éponger la dette, mais surtout de relancer l'économie grecque par des investissements.

Actuellement, on a donné de l'argent aux grecs pour qu'ils remboursent leur dette et on leur a imposé un plan d'austérité. Dit autrement, on a sauvé les banquiers qui ont prêté aux grecs et on coule les grecs. Je doute franchement que ce soit la bonne solution.

2/ Empêcher les spéculateurs de spéculer sur l'état d'un pays européen en remplaçant les emprunts d'états par des emprunts européens. J'imagine un système où les états emprunterait à l’Europe qui elle-même emprunterait sur les marchés. Comme l’Europe est stable dans son ensemble, elle pourrait emprunter à des taux très bas.

On pourrait même dans un premier temps envisager que l'Europe prête aux états à des taux différents et ensuite de les stabiliser progressivement. D'une part, cela éviterait que les Allemands râlent à cause d'une augmentation de leur taux d’intérêt et, d'autre part, cela permettrait une transition en douceur.

3/ Instaurer une vraie solidarité économique entre les états membres.

* Prenons le problème du crédit par le bon bout. Un des problèmes du financement des états est que ceux qui prêtent à l'état le font "parce qu'ils le veulent bien". Ne pourrait-on pas imaginer un système ou ils le feraient tout simplement parce qu'ils seraient obligés de le faire ? (Question également un peu philosophique.)

Le problème, c'est que si l'on fait cela dans un seul pays, ceux qui ont de l'argent se sauveraient ailleurs. Il faudrait donc le faire à l'échelle mondiale pour que cela marche. Et prendre de telles mesures radicales à cette échelle me semble être une utopie.

Cependant, ce n'est pas parce que je ne vois pas de moyen pour le faire qu'il n'en existe pas. Keynes proposait d'obliger les riches à prêter leur argent à coup d'inflation, mais l'inflation elle-même pose d'autres problèmes.

En bref, le premier économiste à trouver la solution optimale à ce problème gagnerait le prix Nobel d'économie.

der Maßstab a dit…

* Un des problèmes liés au financement des états est que leurs difficultés de financement les incitent à raisonner en termes microéconomiques. Et ce, d'autant plus que les agences de notation ont de plus en plus tendance à avoir des exigences envers les états (si vous faites pas ceci, on vous baisse votre note, et donc vos taux d’intérêt vont monter).

Un facteur aggravant est que l'état n'est plus une "grande caisse" mais est subdivisé en plusieurs caisses, avec chacun son "directeur", et on exige de chacun de ces "directeurs", individuellement, qu'il fasse des économies.

Concrètement, quand un ministre veut "pour faire des économies" "réduire le nombre de fonctionnaires", on peut s'interroger sur la pertinence de cette approche.

A l'heure où de très grosses multinationales commencent même à raisonner en termes macroéconomiques, appliquer une approche microéconomique à l'échelle d'un état me semble être très dangereux. (Je pense à Google et à son projet Google DNS qui ne va pas lui rapporter un seul centime directement, mais qui contribue à l'amélioration d'internet, et donc au chiffre d'affaires de Google.)

* Qui n'a jamais entendu dire "il faut gérer un état comme une entreprise" ? Dès fois, je me demande si il ne vaut pas mieux être sourd que d'entendre ça.

serenis cornelius a dit…

der Masstab : Quelques réponses synthétiques qui couvrent l'ensemble de vos réflexions.
Dans l'état actuel des choses, la rigueur généralisée ne fera qu'amplifier les conséquences de la crise et n'apportera aucune réponse au problème qu'elle est censée régler : l'endettement des états européens. Ce seront les plus démunis qui paieront le prix fort pour les autres.
La solution n'est pensable qu'à l'échelle de l'Europe via une modification radicale de la manière avec laquelle la politique économique est pensée et menée dans la zone euro. Exemples : revoir à la hausse le seuil d'inflation tolérable; mise en place d'un plan permanent et public de financement des déficits nationaux (budgétaires et commerciaux); instauration d'une réelle coopération en lieu et place de la non-coopération à l'oeuvre aujourd'hui et dont l'absurdité du "pacte de compétitivité" à l'ordre du jour en constitue le paroxysme.
Quant à la formule qui consiste à penser que l'on puisse "gérer un état comme une entreprise", elle serait à hurler rire s'il s'agissait d'un "poisssion d'avril". Or même aujourd'hui, elle n'en est pas un...

Anonyme a dit…

Pardonnez moi d'exhumer cet ancien billet, mais son sujet se recoupe avec des interrogations qui ne cessent de me turlupiner suite à mes (mauvaises?)lectures.
(Certaines théories neo-keynesienne tel que les présente Knoot dans ses ouvrage Recessions and depression et Modern financial macroeconomics, combiné à la lecture du blog de ce "quasi-monétariste" de Scott Sumner...).

Dans ce post, vous vous focalisez sur le taux directeur de la Banque centrale, mais ne dispose-elle pas d'autre instruments pour influencer l'économie?
Par exemple des mesures du type quantitative Easing...

De ce point de vue, la situation qu'on décrit par le terme trappe à liquidité n'est pas nécessairement un terminus...
Si une banque centrale s'engageait, par exemple, à générer une inflation supérieure à sa cible traditionnel, la préférence pour la liquidité s'écroulerait...
(A quoi bon accumulez des euros si leur valeurs va fondre comme neige au soleil?Sans compter qu'une inflation allégerait le fardeau qui pèse sur les débiteurs, brisant la spirale déflationniste...)
"That's a BIG if" me direz-vous, à fort juste titre, particulièrement avec la BCE...
(Ceci étant dit, notre cher Trichet ne va pas y rester jusqu'à la fin de l'année donc...)
Mais, à court terme, cette solution me paraît néanmoins plus crédible qu'une union de transfert... Après tout, la BCE a déjà commencé à soutenir les obligations publiques des pays en difficultés, a partir du moment où la boite de Pandore est ouverte...
(Et si les pays européens veulent des plans de rigueur, alors il me parait suicidaire de leur part d'exiger simultanément une politique monétaire conservatrice... votre dernier billet explique fort bien en quoi...)

Dans la mesure où vous ne me sembliez pas réfractaire à des politiques de ce genre(cf vos commentaires sur une hausse de la cible d'inflation de la BCE), je me demandais si vous ne pourriez pas élaborer un peu plus votre opinion, par exemple en évoquant les limites et les risques d'une relance monétaire...
(L'hyper inflation? Scot Sumner semblait considérer que le risque était limité si la FED limitait sa cible à une hausse de 5% du PIB nominal, et il me semble effectivement qu'il y a une marge considérable avant d'attendre Weimar ou même la stagflation des années 70...)

Ce n'est qu'une humble demande de ma part, non une exigence, je ne me sentirais en aucune manière vexé s'il vous prenait l'envie de la décliner... ;)


Claude

serenis cornelius a dit…

Claude : Entièrement d'accord avec ce que vous écrivez, à ceci près que je nuancerais en rappelant que les mesures non conventionnelles (QE) ainsi qu'une hausse de la cible d'inflation sont a priori prohibées par les clauses actuelles des Traités européens.
Cela dit de nombreux économistes ont récemment soulevé la question de la modification à la hausse de la cible d'inflation actuelle en Europe (voir notamment Olivier Blanchard) mais avec pour seul échos une raillerie quasi générale que personnellement je trouve indécente.
Quant à la question des limites d'une relance monétaire elle bute sur le niveau très bas des taux actuels aujourd'hui, mais il y a quand même de la marge (1,5 points actuellement eu UEM), si bien qu'il n'en reste que ses possibles dérives inflationnistes, lesquelles me semblent, compte tenu de la conjoncture, totalement hors sujet (et plus encore si l'on raisonne avec une hausse de la cible d'inflatio à 4 ou 5%).

Anonyme a dit…

Merci de votre réponse.

"je nuancerais en rappelant que les mesures non conventionnelles (QE) ainsi qu'une hausse de la cible d'inflation sont a priori prohibées par les clauses actuelles des Traités européens."
Certes, mais il me semble que les traités interdisaient également à la BCE de racheter directement des obligations d'Etat, non?

Qui plus est, si je compare aux alternatives éventuelles(union de transfert ou rigueur suicidaire), l'option inflationniste ne me paraît pas si improbable politiquement...
S'il faut choisir entre relever la cible d'inflation de la BCE tant que l'Euro existe et démanteler l'union européenne pour appliquer ensuite une politique monétaire plus agressive avec les monnaies nationales fraichement rétablies...

Oh, je ne me fais pas beaucoup d'illusions, mais dans la configuration actuelle, une politique monétaire hétérodoxe me paraît plus du domaine de l'improbable que de l'impossible...


"Quant à la question des limites d'une relance monétaire elle bute sur le niveau très bas des taux actuels aujourd'hui, mais il y a quand même de la marge (1,5 points actuellement eu UEM)"
Certes, mais je penserais naïvement qu'une Banque centrale déterminé à générer de l'inflation pourra toujours trouver moyen de le faire...
Si les Banques, les Etats , les Entreprises et les particuliers préfèrent accumuler l'argent injecté au lieu de le faire circuler, la BCE pourrait toujours racheter elle-même les actifs pour faire monter leurs prix, non?
D'ailleurs, je ne suis même pas sûr qu’elle ait besoin d'aller bien loin dans cette direction, le simple fait qu'elle commence à s'engager ouvertement sur la route de la monétisation à tour de bras ferait monter les anticipations d'inflations, et donc l'inflation elle-même...
Autrement, le Zimbabwe serait en déflation(exemple extrême, je vous l'accorde...mais j'ai du mal à me représenter une banque centrale totalement impotente face à la déflation...)

Même si effectivement, pouvoir ne rime pas avec vouloir...

Claude

serenis cornelius a dit…

Claude : Nous sommes d'accord.